mercredi 22 février 2017

[5 minutes] Une autre façon d'expliquer ce que la politique ne comprend plus.







mardi 21 février 2017


François Hollande vient d'adresser dans un discours des critiques à l'égard des nationalismes et des extrémismes. Fort bien. Cependant, et dans l'optique de servir ma propre théorie, j'aimerais que l'on soit en capacité de transcrire ce point de vue à notre paradigme à nous, la France.

Dans son discours il s'exprime vis à vis de l'Europe et dit :


"Ce que proposent les mouvements nationalistes et extrémistes, ce n'est pas simplement la sortie de la zone euro mais la sortie de l'Europe. C'est le repli, la fin des échanges, une fausse souveraineté qui se traduirait par moins d'emplois, moins de croissance et moins de libertés." 


A mon tour je dis :

"Ce que proposent les mouvements politiques militants et séparatistes (les partis politiques) ce n'est pas simplement la sortie de la gouvernance collective, mais la sortie de la France. C'est le repli, la fin des échanges, une fausse souveraineté qui se traduit de façon cyclique par moins d'égalité, moins de fraternité, plus de manifs, et moins de libertés." 

La critique portée à l'égard des nationalismes dans le paradigme Européen sous-entend qu'en se renfermant sur son propre pays on ne participe plus à l'aventure collective. L'Europe a pour devise "Unis dans la diversité". En France, la République se dit "une et indivisible". Comment peut-on sérieusement critiquer les nationalismes séparatistes au sein de l'Europe, alors que de l'autre main on avalise et on justifie, par un esprit supposément démocrate, l'existence de communautés politiques qui se combattent et qui de manière cyclique tente de prendre le pouvoir sur l'ensemble de ce paradigme, la France ?

Je ne vais pas à l'encontre de ce que dit François Hollande à propos du problème du repli sur soi dans le cadre de l'Europe, bien au contraire. Cependant je déplore que dans son propre pays, et comme beaucoup de dirigeants qui sont à la tête des pays de l'Europe, il ne prononce rien à l'encontre des partis politiques, je regrette qu'il ne dénonce pas notre organisation par "tiroirs" qui classe les citoyens dans des communautés politiques mêlées à l'argent, le prêche, qui fonctionnent comme des chapelles auxquelles on autorise de vouloir être supérieures aux autres, du moins de s'opposer entre elles. 

François Hollande en présence d'un autre chef d'état dit que "nous avons ENSEMBLE à lutter contre les extrémismes". En France en fait-on autant alors que nous ne sommes pas "ensemble" mais les uns contre les autres ? Moi je vous le dit amis concitoyens, nous avons ensemble à voir les dangers posés par ce système. S'il faudrait craindre que des populations européennes se séparent des autres et qu'elles tentent  d'imposer leur propre définition de la souveraineté, pourquoi ne le craignons nous pas dans le cadre plus restreint mais identique d'un pays quand on élit UN parti et UN programme pour diriger durant cinq années ?

"jordanix" parle de la question du "bien commun" et il le fait vachement bien.





samedi 18 février 2017

[Les mots] Moyen-âge : ici et/ou ailleurs ?


Ils parlent bien souvent de ceux qui loin d'ici se comportent en barbares moyen-âgeux.
Eux.

Les élus : terme à consonance religieuse.
Qui ont besoin d'un fief : terme de la vassalité.
Afin de pouvoir faire campagne : terme de la conquête armée.
À l'aide de militants : dérivé de "militaire" et qui veut dire "soldats".
Ainsi qu'avec leurs nombreux lieutenants.

Certains d'entre eux vivent dans des châteaux.
Ils ont des conseillers.
Des gardes du corps.
Des chauffeurs.
Des cuisiniers.
Des assistants.

Rappelez-moi donc l'Histoire de l'émancipation populaire.
Rappelez-moi donc comment nous sommes sortis du moyen-âge.
































BREF...


+ Un maxi best-of offert :




mercredi 15 février 2017

[Vivre ensemble] Pourquoi ça ne marche pas. Work in progress.


C'est avec une tristesse infinie que j'entends parler mes concitoyens de ceux qui viennent d'ailleurs et qui ont d'autres pratiques ou d'autres traditions que les nôtres, qui portent en eux la différence et qui malgré tout viennent arpenter nos rues, contribuer à notre développement et qui, très souvent, ne refusent pas l'échange culturel ou le dialogue. Car pour beaucoup de concitoyens, les étrangers mais aussi les "déviants" (tous ceux qui ne se plient pas à l'ordre républicain) sont responsables des crises et des ruptures que notre société traverse. Aux yeux de ces gens, les différents qui apparaissent au coeur de notre uniformité remettent en cause le vivre ensemble et la possibilité d'être égaux. 

C'est pourtant oublier les principes fondateurs qui protègent la différence et en font une richesse. Oh oui je sais bien, pour le lecteur convaincu par ces idées, parler de la richesse des différences c'est une rhétorique bobo-gauchiste visant à ébranler les piliers de la république française. Mais ne reconnaissent-ils pas l'existence de différences au sein de la société des "blancs de souche" lorsqu'ils dénoncent les égarements des gauchistes, vantent la lucidité des droitards, commentent la naïveté des écolos ? Oui, comme je le décris dans mon texte sur le racisme virtuel des élections, je crois que les français "pure souche" les plus intégrés au système républicain pratiquent un racisme et un rejet qui s'oppose à l'idée du vivre ensemble y compris au sein d'une population "physiquement" uniforme. 

Lorsqu'ils entendent parler un "gauchiste" peace & love, ils cessent de percevoir un blanc de souche comme eux, ils ne voient plus un "frère" ou un membre de leur société hypothétiquement avancée. Ils rejettent, condamnent et avertissent : attention, vous défendez l'islamo-gauchisme, vous allez détruire notre pays et ses valeurs. Ils sont pourtant eux-mêmes les plus gros ennemis des valeurs françaises théoriques, celles de l'ouverture et de la réunification. Au sein même de leur famille ethnique ils rangent certains dans le tiroir des traîtres, comme si nous étions en pleine chasse aux communistes dans les USA des années 60, ils traquent les ennemis de la Nation et espèrent bien prendre le pouvoir afin de préserver quelque chose, pour "sauver" un pays et "une culture" des invasions barbares. 

Les voici donc qui mettent de côté les leurs, qui refusent le dialogue avec les avis divergents de leurs propres frères pour préférer se serrer les coudes entre convaincus d'une même ligne politique. C'est le modèle républicain et la démocratie représentative qui les y poussent. Lisez le texte sur les élections pour saisir mon idée. L'adhésion à des partis politiques ne répond pas à un besoin de trouver qui est en accord avec nos propres idées, c'est au contraire le risque de se faire happer par une idéologie qui devient ensuite un discours, puis une façon de penser. 

Les gens de droite parlent tous la même langue, les gens de gauche eux aussi, ce qui rend toute possibilité d'échange impossible. Ne reste que la course au pouvoir. Plutôt que de tenter la discussion avec autrui, on travaille dur en interne avec ses propres clones pour ériger des discours qui impactent. C'est du le règne des sophismes, ça sonne bien, même si c'est creux, et si ça sonne mieux que dans le camp d'en face, on est sans doute plus en prise avec le réel. Dans un sens oui ; car on pratique la politique telle qu'elle est, une gigantesque supercherie qui dit vouloir atteindre et préserver le bien commun, tout en faisant du séparatisme idéologique la règle la plus importante. 

Face aux étrangers donc, beaucoup de français ressentent une peur immense, car s'ils ne parviennent pas à s'accepter entre eux, si le vivre "entre-blancs-de-souche" est si difficile, quelle énergie pourrions-nous consacrer au vivre ensemble, c'est à dire avec tous les autres, ceux qui viennent d'ailleurs, mais même simplement ceux qui vivent ailleurs sans venir ? Ici nous avons glorifié le rapport de force, et une sorte de philosophie obscure et mystique fait du dualisme politique la pierre angulaire de notre architecture sociale. Plus nous sommes tous en désaccord plus la démocratie semble vive. 

Je choisis de croire que la République et ses modes de gouvernance ont échoué à sacraliser l'idée de l'unique composé de multiples, qui est la devise des USA (E pluribus unum) tout comme celle de l'Europe (Unis dans la diversité). La République est "une et indivisible", on l'apprend à l'école. Certains perçoivent donc l'uniformité blanche-catho, l'héritage de Charles Martel, c'est l'exception cultuelle. Ici on peut croire en une chose invariable en refusant les apports extérieurs, et nous pouvons appeler ça les lumières, le progrès ou la lucidité. Pour d'autres, "une et indivisible" signifie qu'on ne reconnaît pas les communautés, il n'y a que la communauté nationale. Encore une fois, des gens pensent que cette communauté est une population ressortissante d'un système de pensée ; comme si vous et moi les petits blancs de souche nous étions fondamentalement chrétiens et nationalistes, comme s'il était criminel de se détourner de l'idéologie dominante, celle du séparatisme à l'international, quand nos représentants répètent que la France est une lumière pour le monde entier et qu'elle a bien fait de coloniser tous ces pays "sans civilisations". 

Mais "une et indivisible", l'idéal, c'était E pluribus unum et "unis dans la diversité". Une et indivisible ne voulait pas dire "nous ne voyons pas les différences car nous sommes tous des clones" mais au contraire, "nous les acceptons, et puisque nous sommes TOUS différents, nous avons un point COMMUN. NOUS formons donc UNE "chose" (car sa définition est mouvante) dite "publique" (car il appartient à tous de participer à sa définition). 



Comment préserver la vie en commun alors ? Certainement pas en choisissant de continuer à nous ranger dans des cases idéologiques pour un affrontement parfaitement structuré, le dualisme mystique de la République ; car si elle dit ne pas reconnaître les communautés, pourquoi donc laisse-t'elle exister les partis politiques ? Ce sont des communautés dans lesquelles de l'argent circule depuis les sympathisants vers leurs gourous, et ces gourous épaulés par des experts pondent des programmes et des documents qui comme des textes sacrés pour des croyants apportent les éléments de langage et de riposte afin de se protéger du doute et de la discussion. Si un tel me parle du nucléaire et m'oppose tel argument, je saurai quel argument lui retourner, et s'il m'en trouve un autre, pas grave, notre programme a tout prévu. Et cela fonctionne sur tous les bords, le principe même de la politique partisane c'est la déconstruction des autres, et le manque de considération pour la pluralité qui pourtant s'avère être le ciment du bien commun, le fruit d'un partage qui implique un effort mutuel, une acceptation volontaire que j'appelle l'amour. Lui seul créé la vie. 

Pour que le vivre ensemble ne soit pas un vain mot il faut le pratiquer, et pour cela cesser de se retrouver entre "camarades". Il ne faut plus qu'on discute entre gens d'accord. Lorsque nous nous retrouvons dans nos meetings entre militants dans l'espoir de conquérir le pouvoir, nous n'avons aucune chance d'innover et de faire avancer le schmilblick, car nous sommes comme les fans d'un artiste au coeur de son public. On n'est pas venus pour découvrir, on ne dira jamais que cette musique est naze ou même perfectible. On écoutera en secouant la tête avant d'aller faire un tour au marchandising histoire d'afficher nos préférences une fois de retour dans la rue. Ils osent pourtant appeler ça "meeting" ("rencontre"). Il n'y a pas de rencontre entre des clones, on se connait tous déjà. Et ces militants ne rencontrent personne en réalité, ils viennent écouter et servir à composer un hologramme. Un hologramme est une image composée de petits morceaux d'image, qui eux-mêmes contiennent l'ensemble de l'image destinée à être rendue perceptible. Les militants sont des hommes-sandwichs et lorsqu'ils apparaissent à la télévision, leur avis ne compte pas, leur motivation non plus, leurs connaissances politiques, leur verve, leur vitalité ou leur capacité d'écoute ou d'échange, tout ça n'existe plus. Ce qui compte c'est que leurs deux bras secouent le bon drapeau et que leurs applaudissement arrivent au bon moment. Tout ça pour que le programme créé par des "supérieurs" (encore eux) soit diffusé par les petites mains militantes, qui elles n'ont pas eu à rédiger.



Nicolas Sarkozy a parfaitement expliqué le processus qui transforme les citoyens en militants partisans. C'est l'assimilation. Ils s'assimilent à une famille politique, tout comme on réclame des étrangers de s'assimiler aux valeurs locales. Des citoyens dépossédés de leur différence à eux deviennent hommes sandwichs. Les nationalistes ne s'en aperçoivent pas, mais à l'échelle du monde, ils sont les militants d'un meeting de la France, ils applaudissent au bon moment et sortent les drapeaux quand il le faut. Mais ils ne représentent aucune universalité ou aucune volonté de vivre ensemble, car ils s'affichent comme des gens "à part", "meilleurs", "uniques", tout justement car ils sont tous blancs, chrétiens, républicains et qu'à leurs yeux refuser la mixité est une forme de lucidité et de réalisme afin de remettre le pays "sur les rails". 

Mais nous avons déraillé depuis 200 ans et cette révolution que l'Histoire (définition : le récit, pas les faits) nous a enseigné comme une victoire populaire. Mais c'est cet événement qui a posé les bases de notre dualisme politique organisé, car la révolution fut un conflit avec des milliers de morts. Il y avait donc au moins "deux camps" qui s'opposaient, et la solution finale fut de confirmer la victoire de l'un d'entre eux sur l'autre. La question n'était pas de chasser la bourgeoisie ou les aristos exploiteurs du petit peuple, mais de départager entre ceux qui approuvaient ce système et ceux qui voulaient en changer. Rien ne s'est fait dans l'unité d'une république "indivisible". Il y eut des procès, des condamnations à mort, il y eut des écrits, des tableaux, des discours, pour inscrire dans le récit de l'Histoire une conquête épique (voir l'art de Jacques Louis David) à la limite du religieux. C'était la construction d'un nouveau paradigme dont les fondations n'ont jamais été posées par une coalition populaire globale. C'était une victoire partisane idéologique. Certes les riches exploiteurs nous déplaisent et nous font vivre à nous les petits une vie infernale. Mais prendre leur place pour exploiter d'autres pauvres et rire des anciens riches, cela n'a rien changé puisqu'en définitive, il existait encore des dissensions au sein du peuple désormais distribué dans l'éventail des partis. 

Par la suite 1905 ne fut pas une loi de séparation des églises et de l'état, et la question du financement n'était qu'un prétexte car l'argent qui n'est plus allé au financement des cultes a fini par tomber dans les comptes de campagne de politiciens séparatistes, se réclament continuellement de bords qui sont devenus des "familles". 1905 fut la loi de remplacement des églises par l'état. Il ne supportait pas que le spirituel s'occupe d'organiser la vie publique et de dicter aux gens leurs moeurs, c'était refuser aux dirigeants le soin de diriger. La force qu'avait l'église, que les français nationalistes fiers de leurs racines chrétiennes le sachent, elle passait par le symbole d'une histoire cathartique de l'humanité plurielle, capable du meilleur comme du pire. Jesus nous avait sauvé en péchant, car son supplice puis sa résurrection nous apprenaient l'importance du pardon à l'égard de ceux qui "ne savent pas ce qu'ils font". Les politiques ont chassé l'église de la vie publique et lui ont refusé de nous dicter nos habitudes. Fini de manger telle chose tel jour, fini de recevoir le curé pour lui parler de nos soucis. Les nationalistes chrétiens ne semblent pas comprendre que la Nation les a privés de leurs racines afin de les propulser dans un nouveau paradigme, celui des politiques prophètes et des symboles d'un mythe nouveau : la République. L'unité indivisible de la Nation ne pouvait plus être l'incarnation du multiple réuni mais l'uniforme docile. C'est à dire que l'objectif de réunir des individus aux convictions différentes sous une même bannière a viré à l'échec, nous le voyons aujourd'hui, pour devenir une religion de plus avec la prétention d'être supérieure.

La République qui devait être intransigeante avec le devoir de tolérance n'a pas su s'expliquer pleinement et se transmettre sereinement à des français aux sensibilités justement variées. Tout comme certains musulmans interprètent mal l'Islam, tout comme certains chrétiens interprètent mal le christianisme, des français ont mal interprété la République. Ils en ont fait un système symbolique et une architecture politique et sociale supérieure aux autres et donc première ; pour ceux-là, la laïcité est apparue comme la disparition des cultes dans l'espace public, très logiquement, et non plus comme l'amour de l'inter-dépendance entre croyants qui quelque part ont tous une pièce d'un grand puzzle à réunir. La tentative politique de jouer avec le mystique, avouons-le clairement, c'est la dérive reprochée au salafisme. La République a donc été violée comme toutes les religions par une présence radicale en son sein.



Elle a repris les mêmes promesses d'union des Hommes, les mêmes mots pour ainsi dire, et nous a garanti ce fameux vivre-ensemble. Mais cela n'a pas fonctionné car tout justement, la représentation des divergences est devenue plus importante que la recherche de l'union. Comme si l'église chrétienne recommandait la guerre et prônait la conquête du monde. Impossible. Alors l'église a disparu au profit de l'état qui lui peut se permettre de manier la guerre, les invasions, les séparatismes et de les justifer auprès de fidèles croyants. 

Le vivre ensemble devra revenir sur ces pseudos conquêtes qui n'en ont jamais été. Le vivre ensemble devra rechercher en priorité la mise en relation des différents et faire de leur interdépendance la seule chose à glorifier qui soit. Elle devra tuer la République qui telle une arnaque altruiste a fait de l'esprit de domination la qualité indispensable pour être un "bon dirigeant". Celui qui dit être le président de tous mais qui à l'issue d'un processus guerrier n'est que le pantin d'une caste populaire limitée. 

Cette arnaque doit cesser car nous voyons chez l'autre, celui qui vient d'ailleurs et dont on critique les systèmes, une menace ou à tout le moins l'image d'une civilisation moins avancée. Or nous évoluons dans un paradigme aussi fermé et meurtrier que tous les autres, et cette République est loin de respecter les valeurs chrétiennes, et elle est tout sauf une terre d'athéisme éclairé. Renseignez vous sur l'être suprême et les quelques années qui ont suivi la révolution. Nous ne nous sommes pas libérés de l'esprit de religion, au contraire nous plongions dedans pour former le mythe républicain. Ses échos nous parviennent toujours et ses décors nous entourent, les politiques posent devant pour tenir leurs discours et indirectement apparaître en prophètes "choisis" pour être un lien entre le peuple et le très haut, peu importe sa substance. 

Réveillons-nous et balayons devant notre porte. Les critiques portées à l'encontre des "autres" ne sont d'aucune valeur tant que ces autres sont en capacité de percevoir nos égarements, notre docilité face à l'esprit de domination et de séparatisme partisan. Ils constatent que nous avons promis l'unité indivisible et que nous passons notre temps à pointer du doigt les déviants comme pour une chasse aux sorcières et ils en déduisent donc que notre paradigme politique se base sur des mensonges. Ils n'ont pas tout à fait tort, et malheureusement, ces constations sont celles qui motivent les actes terroristes. C'est pour cela que des gens viennent tuer les être uniformes qui disent jouir d'une grande liberté sans pour autant condamner leurs représentants qui bombardent à l'autre bout du monde. C'est l'incohérence de notre société face à d'autres bien mieux structurée ou en tous cas plus sincères qui nous transforme tous en cibles. 

Ce n'est pas la violence d'autres paradigmes politiques ou religieux qui provoquent des morts ici, mais la rencontre de notre paradigme qui se prétend supérieur avec d'autres qui en définitive appliquent la même violence que celle qui consiste à souhaiter un pays uniforme. Déchoir un individu de sa nationalité était une manière politique de punir ceux que les religieux appellent des mécréants, car c'était sanctionner ceux qui ne croient pas au mythe républicain fondateur. Je suis de ceux-là et pourtant je ne veut de mal à personne. Comme d'autres j'espère et sans être d'aucune église je prie l'Humain qu'il saisisse une chance de retrouver ce qu'il a perdu, la véritable union indivisible, la reconnaissance de notre identité commune QUI EST la diversité, QUI EST E PLURIBUS UNUM. 

Continuons d'afficher ces symboles et de vanter ces principes sans qu'ils ne deviennent nos bases politiques ou juridiques et nous récolterons la guerre civile dont on parle tant, elle ne sera pas causée par l'extérieur ni par l'extérieur mais par un refus d'échanger entre ces deux zones. C'est le séparatisme qui contrevient aux valeurs Humaines, celles-là même qui ont servi à créer le mythe chrétien, il est donc vain de défendre ce séparatisme avec nos valeurs car se séparer du reste du monde c'est tout sauf être "français". 

D'ailleurs, je continue à tartiner ; "être" quelqu'un n'a aucun sens s'il n'y a pas d'êtres différents autour. Si on dit de moi que je suis blanc, c'est pour préciser à quelle ethnie j'appartiens, il y en a des dizaines. Si je choisis d'ignorer les noirs, les jaunes, les marrons et tous les autres, je ne peux plus me situer, je n'ai plus d'existence. Au sein de ce pays, c'est la même chose. Si je ne vis plus qu'avec mes semblables, je n'ai plus d'identité, et eux non plus. Nous devenons des clones. Le vivre ensemble appelle le rassemblement des différents qui sont les véritables "semblables". Ils semblent identiques, mais ne le sont pas. Ils sont noirs, blancs, jaunes ou autres et tiennent tous le même discours : nous nous acceptons car nous appartenons à l'Humanité dont TOUS nous sommes ressortissants. 

A vous de voir...

[Ce texte est un one shot "work in progress". Ca part dans tous les sens et je le sais.]


lundi 6 février 2017

[Distribution documentaire] Netflix a exploité "The Square" illégalement.


Durant plusieurs mois je me suis intéressé au documentaire de Jehane Noujaim "The Square", une plongée en immersion au coeur de la Place Tahrir du Caire lors du soulèvement de 2011 qui fait la lumière sur les rapports complexes entre citoyens égyptiens ressortissants de communautés politiques ou religieuses variées. Ne se limitant pas aux fameux 18 jours qui ont conduit au départ de Mubarak, il relate les retournements de situation liés aux élections qui ont fait triompher Mohamed Morsi des Frères Musulmans avant qu'il ne soit renversé par l'armée et le Président actuel Al-Sissi.

Fabriqué conjointement par la documentariste ainsi que par des manifestants convertis en vidéastes amateurs, le film a rencontré un écho particulièrement intéressant puisqu'il fut ensuite projeté sur différentes places occupées dans le monde, comme à Kiev ou à Mexico. Son propos très humaniste et touchant en fait un documentaire exceptionnel qui mérite d'être mis à disposition du plus grand nombre.

Alors que le film était encore en tournage, Netflix l'a acheté pour en faire une exclusivité de son catalogue, à ce moment là, Netflix n'était pas encore lancé en France. Quand la plate-forme de streaming légal a commencé à pointer le bout de son nez chez nous, de grands sites spécialisés tels que Allociné ou Vanityfair ont publié des articles "preview" afin d'expliquer quel contenu on trouverait chez Netflix.

Ils mentionnaient alors "The Square", documentaire qui serait disponible en exclusivité également dans le catalogue français au moment du lancement de la plate-forme. Le problème est le suivant : à l'heure actuelle le film n'a toujours pas été ajouté au catalogue français. Il s'agissait donc de publicité mensongère.

Lorsque j'ai rencontré Karim Amer (le producteur de The Square et mari de Jehane Noujaim) à Paris en fin d'année 2015, le film n'était toujours pas disponible et il m'expliquait que Netflix lui avait dit qu'il serait enfin mis en ligne au Printemps 2016, ce qui n'a pas été fait. Cependant depuis déjà des mois on faisait la promotion de Netflix France en utilisant The Square, et avec un culot pas croyable.



Dans cet article, Allociné décrivait The Square "vu sur Netflix" et incitait à le découvrir soi-même en cliquant sur le lien "Découvrir "The Square" sur Netflix" juste en dessous de la bande-annonce (qui au passage n'est pas sous-titrée en français). Mais si vous cliquiez sur ce lien, voici ce que vous trouviez :


Une page n'ayant aucun rapport avec le film mais vous envoyant vers le formulaire d'inscription à Netflix. Alors imaginons, vous avez lu l'article, la bande-annonce vous a plu, vous voulez voir le film en français, bon, vous vous inscrivez donc sur ce site génial qui en a l'exclusivité et *pof* vous ne le trouvez pas dans le catalogue.

Pendant que l'équipe de The Square espérait pouvoir véhiculer son message au monde entier grâce au "phénomène" du moment Netflix, sa branche française qui n'avait absolument pas préparé sa mise en ligne vostfr faisait déjà de la pub pour ses exclusivités documentaires en mettant outrageusement en avant le film de Jehane Noujaim.

Sur VanityFair dès le 15 Septembre 2014 (!) :


Après avoir reçu de ce film une gigantesque claque, j'ai espéré que mes concitoyens pourraient eux aussi en profiter, car le message porté par The Square peut ouvrir l'esprit de bien des gens et donner à voir plus qu'un opposant ou un adversaire chez ceux qui ne partagent pas nos points de vues. Tout comme Karim Amer et ses amis, j'espérais que Netflix fasse le nécessaire pour le rendre accessible en français, après tout, la publicité pour ce service nous le promettait. Mais rien n'a été fait. 

Bravo donc à Netflix France qui a vendu sa plate-forme de streaming légal en usant d'arguments illégaux, de la publicité mensongère. En espérant que Karim Amer et ses amis finissent par attaquer Netflix qui a exploité "l'aura" de leur film magnifique pour vendre ses abonnements sans le mettre à disposition du public. 








samedi 4 février 2017

[2017] Elections : alternatives ?


Suite à mon premier one shot "in progress" au sujet des élections que vous pouvez retrouver ici : Elections : le racisme virtuel, je propose aujourd'hui d'imaginer les solutions "évidemment" impossibles afin de changer le système, sans avoir à se passer d'un système. 

Quelqu'un pourrait peut-être me ramener vers les urnes, s'il se présentait comme le candidat de tous les partis à la fois. J'aimerais qu'on ajoute une possibilité de vote. A l'heure actuelle il est possible de choisir un parti ou de ne faire aucun choix, il est donc impossible de voter pour "l'union" de tous les politiques. La possibilité que tous travaillent au même but ou dans la même optique paraît inimaginable, précisément car nous sommes habitués à la politique structurée comme un glorieux combat. Comme j'aime le dire, nous sommes spectateurs d'une mise en scène de la discorde, représenté par les partis et leur "positionnement" (gauche, droite etc) ainsi que par l'idée qu'une "majorité" dirige et qu'une "opposition" tempère. 

Ce système là n'incarne pas l'union, ni au moment du choix (élections) ni au moment de l'exercice du pouvoir. Pire, lorsqu'un Président et son Premier Ministre nomment des ministres issus de l'autre bord politique, on mentionne alors une volonté "d'ouverture". Imaginez de quelle ouverture on parle, quand un gouvernement UMP (280.000 adhérents en 2007) nomme des ministres issus du PS (250.000 adhérents en 2007) pour gouverner les 66 millions de gens aux idées forcément plus variées que ça. Passons.

Pourquoi ne pourrions-nous pas choisir d'imposer à nos "représentants" de travailler ensemble, c'est à dire d'élire tous leurs partis ? Pourquoi ne pouvons-nous pas être gouvernés par une équipe élargie sans repères tels que "la majorité", "l'opposition", "les partis de droite"..."divers gauche" ? Je veux dire, est-ce matériellement impossible, inconcevable, est-ce contre la morale ? Ou au contraire, est-ce qu'il ne serait pas plus cohérent de travailler en commun si l'on prétend pouvoir symboliser un peuple uni et indivisible ? 

Notre république ne reconnaît pas les communautés parait-il. Que sont donc ces partis politiques ? N'allons pas jusqu'à parler de secte (même si ça me démange), mais tout de même, il s'agit pour 200.000 personnes en moyenne "d'adhérer" en payant une cotisation, en se rendant à des "meetings" puis en participant à la promotion du parti et de ses idées. Plusieurs clubs de la sorte se chamaillent, et ce spectacle de la discorde par procuration contente les adhérents/militants qui ne sont pas plus de 500.000 si on réunit PS, LR, FN. Vous imaginez encore une fois ? 

Les partis qui sont les structures d'appui des candidats aux élections, s'appuient eux-mêmes sur l'existence et la présence de militants/adhérents. Les électeurs pour leur part ne font que départager, les militants eux sont la légitimité du "combat". Grâce à eux, il y a des gens "pour qui" on se bat, et qu'on dit représenter. N'est-ce pas incroyable que les trois plus gros partis ne réunissent que si peu de gens sur l'ensemble de notre population ? (Même topo sur les syndicats et la plupart des institutions "représentatives" d'ailleurs). Pour ma part j'ai toujours eu le sentiment que c'était gravissime, considérant que les membres actifs des partis sont ceux qui donnent leur accord de citoyen pour que des "élus" puissent jouer cette grande comédie, avec leur argent de supporters, avant de pouvoir utiliser celui des contribuables. Ils ne sont pas si nombreux que ça au final, les militants politiques qui forment les partis et les encouragent. 

Où sont passés les "possibles" humains ? 

Sur une population de 66 millions de gens, seuls 500 ou 600.000 français favorisent la lutte des partis et de "ces" partis, eux seuls acceptent de l'avaliser en distribuant des tracts, en engageant des conversations-ripostes, en faisant barrage sur les réseaux sociaux, en arrachant/posant des affiches dans la nuit noire et sur des panneaux si possible à proximité des écoles ou autres lieux de passage des "actifs". 

Est-ce donc cela, le progrès ultime et lumineux de l'émancipation du peuple qui a fait la révolution ? Ca fait tout de même une belle "majorité" de gens qui ne participent pas et qui sont légalement sommés de tolérer ce cirque grotesque, d'une pseudo représentation du peuple en foule de grands humanistes étrangement désagréables. Comme je le disais à la fin de l'article précédant, on peut vérifier chaque jour la réelle politique de fraternité qui émane des gens du quotidien, lorsqu'ils traversent la ville tout simplement, en croisant d'autres qu'eux, et en ne les empêchant pas d'exister. 

Alors l'autre alternative serait peut-être au lieu d'un vote pour "tous les partis", un parti "pour tous". Dont le programme fondamental ne soit pas une feuille de route pour la gestion du pays mais simplement une revendication morale et extrêmement politique : celle de la dignité et du vivre ensemble qui n'est pas respectée par la politique et l'ensemble de ses partis. Qui soutenus et dirigés par une infime partie du peuple français ne peuvent prétendre le représenter dès lors que la seule vocation des partis reste de s'opposer ou de supplanter les autres. La véritable "opposition" masquée par les rouages de ce paradigme ne concerne pas une majorité et une "opposition" mais donne le pouvoir à une minorité de dominer une majorité : la minorité des acteurs politiques qui donne un spectacle à départager à la grande majorité des citoyens-consommateurs. 

Tant qu'on accepte qu'une "majorité" se confronte à une "opposition" on oublie le concept même de "minorité". Cela sous-entend qu'il n'y a pas de minorité dans la représentation nationale, que tout le monde est représenté, qu'il y a de toute façon une majorité qui légitime tout ça quelque part. 

Manque de bol, majorité et opposition ne jouent que le spectacle de la discorde. Il leur reste peu de temps pour évoquer les graves sujets qui inquiètent les militants associatifs de nombreuses régions, ou même pour parler du réel du quotidien des hospitalier, des enseignants, mais aussi des démunis. Pas possible, puisque l'important c'est la discorde, il faut des sujets sur lesquels on peut cliver. L'économie, les affaires, les couacs ou déclarations scandaleuses de ministres dès lors appelés à démissionner tous les trois mois, et puis l'identité "française", ses valeurs morales, le mariage pour tous... 

Les sujets politiques sont ceux qui n'intéressent jamais "les français" en tant qu'entité indivisible, mais au contraire ceux qui permettent de se quereller, de s'accuser, de promettre qu'on fera mieux etc. Il faudrait qu'un jour la mission des élus soit d'accepter les divergences (ils disent le faire) mais de travailler à les dépasser chaque jour et à chaque instant comme si c'était "CA" le boulot de politique. Représenter des points de vue alternatifs avec diplomatie, et non pas combattre certains points de vue dans la violence et l'ignominie généralisée systématique et permanente.


Bref. Toutes ces solutions paraissent juste impossibles de nos jours, j'ai parfaitement conscience que ces machins que j'écris doivent avoir l'air tordus. Mais on demande aux non-votants de prendre part à la construction avec des propositions plutôt que de rester en retrait inactifs etc. Alors c'est peut-être pas clair, mais au moins c'est honnête. 

[C'était la deuxième partie d'un one shot "WIP" interminable. A suivre, sans doute.]