dimanche 10 septembre 2017

[Semonce] Rentrée des classes.


Quelques mois après la suspension de ce blog, juste après l'élection d'Emmanuel Macron à vrai dire,
difficile de rester silencieux face au retour du spectacle. En avant la musique.


[Initialement ce texte est un commentaire facebook à l'attention de partisans du PS et de la FI]

"Hamonistes et insoumis main dans la main" "Mieux vaut tard que jamais pour relever la gauche". Oui pendant ce temps là même schéma à droite avec la guéguerre des chefs de leur propre bord. Mais vous ne pigez toujours pas que vous cherchez tous l'union en carton et qu'en bout de course ça consolide un pays dualiste/séparatiste en totale opposition avec ses valeurs et principes républicains qui sont manipulés d'un côté ou de l'autre ?

Et ne voyez-vous pas que suivant le schéma des élections et des alternances tous les 5 ans on entend dire que ce qui a été fait les 5 années précédentes est mauvais ou insuffisant et qu'on va tout "ré-former" une énième fois ? Vous ne voyez pas que c'est une arnaque formaliste et que quoi qu'il advienne (FN, FI, et d'autres le déclarent déjà) c'est la politique européenne qui s'applique ici ? Comment pourrions nous résister à ce qui se passe à cet échelon si le peuple français ne parvient JAMAIS à consolider une union de principe, comme un effort mutuel des uns et des autres pour montrer le vrai visage de "Liberté égalité et surtout FRATERNITE" ?

Vous vous rejetez tous des fautes, présentez tous vos adversaires comme responsables de notre déchéance, puis vous présentez tous comme les potentiels partis du bonheur "qui reviendra demain", et pour l'installer ce bonheur il vous faut systématiquement des élections, une campagne, des petits livrets des ripostes prémâchées et du matériel de propagande ; vous préparer à la confrontation des idées en la glorifiant comme si c'était "ça" la démocratie et la République ? Et encore, s'il s'agissait réellement d'être séduit par des idées, et pas d'être victimes d'un jeu de drague et de bourrage de crâne calibré dans chaque parti pour chaque tranche socio-professionnelle auxquelles appartiennent les électeurs. Avez-vous déjà entendu parler d'un parti qui veuille l'union nationale, c'est à dire l'alliance de tous pour construire, et pas le "rassemblement" d'une famille parmi tant d'autres pour lui permettre de les dominer toutes ?

OHH! La République des politiciens partisans la disent incompatible avec des religions, mais n'iraient jamais avouer qu'elle est incompatible avec les partis politiques, elle s'oppose au principe communautariste et ne finance plus les cultes (en théorie) mais vous voici pour beaucoup encartés dans des groupes idéologiques qui réclament obéissance et abnégation dans la confrontation avec les autres "chapelles" et qui en plus utilise votre pognon, pour aller jusqu'à l'élection qui purge cette énergie à la seconde du résultat, puis on voit 90% des partisans fondre en larmes car un seul parti peut l'emporter, à la limite les autres font des alliances, se voient promettre des choses et encore systématiquement rien ne vient pour eux. Un remaniement et ouste, on peut sortir de l'hypocrisie des élections pour dominer pleinement.

Ne voyez vous pas que nous sommes 66,7 millions d'êtres vivants dans ce pays et que nos président ne sont désignés que par une petite partie de ces gens ? Hollande en 2012 c'est 18 millions d'électeurs au second tour. Pour qu'il puisse gouverner ces 66 millions de français. Ne ressentez-vous donc jamais l'entourloupe lorsque qu'on nous dit alors : les français se sont exprimés, nous avons une "majorité" ? Cette majorité c'est le résultat d'une subdivision interminable, alors qu'on devrait tous s'additionner pour retrouver un semblant de représentativité pour nos nuances.

Ne voyez-vous pas le spectacle ? Lorsqu'on vous dit "Représentation Nationale" ne percevez-vous pas la proximité de l'expression avec l'idée d'une "Comédie Française" ? Ne voyez-vous pas que ce qu'ils "représentent" ce n'est jamais notre complexité de groupe, nos nuances utiles à l'établissement d'un édifice commun, mais au contraire le spectacle permanent du combat fratricide et séparatiste ? Ne voyez-vous pas qu'inspirés par leur show digne de WrestleMania nous sommes poussés à agir de la sorte entre concitoyens ? A ne même plus juger les individus sur leurs valeurs et envies personnelles, mais à voir quel sticker/drapeau ils arborent pour choisir la bonne "disquette" de riposte et faire tourner la machine du rejet organisé ? Ne voyez-vous pas qu'on affaibli le peuple et qu'on l'abrutit avec les élections et les partis politiques ? Ne saisissez-vous donc pas leur hypocrisie quand tous tour à tour parlent du bien commun et assurent qu'ils seront le président de tous les français ? Alors que pour y parvenir ils vous auront demander d'imposer leurs idées partout avec un travail de conviction qui dépend plus d'une invasion des cerveaux plutôt que d'une véritable invitation à faire corps entre français de la diversité ?

Ne voyez-vous pas que le PS affiche souvent une brochette de gens blancs, noirs, beurres, asiatiques derrière les candidats pour créer une image de diversité qui ne se retrouve pas dans l'Assemblée ou dans leurs partis ? Et que la FI parle de révolution citoyenne devant des foules uniformes elles aussi composées de prolos et d'enseignants ou d'étudiants dans la merde, une classe de gens qui souffre et qui veut s'opposer à d'autres classes qui estiment qu'elles souffrent aussi ? Et que tout ça c'est notre défaite assurée puisque personne ne veut se préoccuper de la classe d'en face, la convaincre d'en finir avec ces séparations pour retrouver la première des classes, la plus belle, la paradoxale: le peuple français, une image théorique de l'humanité ? N'est-elle pas plus complexe que ce système ? Ce système est-il vertueux ? Si la démocratie devait finir, pourrait-on véritablement dire que c'est un drame à l'heure actuelle ? Puisque celle ci nous donne le droit de contester et de manifester ou de s'exprimer mais que ces droits ne servent qu'à se foutre sur la gueule, à défiler en packs d'hommes sandwichs, à cracher sur ceux qui semblent fait pour nous cracher dessus ?

J'ai demandé une fois à un communiste, (la FI n'était qu'en formation à se moment là) s'il pourrait accepter de voir un mec avec un pins ou un drapeau FN venir se joindre à lui dans un cortège contre la loi travail, bien entendu il m'a dit "Jamais de la vie, pas de fachos dans nos manifs blabla". Voilà pourquoi le peuple est niqué, non pas qu'il faudrait appliquer les idées du FN ou leur donner une valeur intrinsèque, mais on voit des gens affublés d'un signe politique, en fonction de ceux qu'on trimballe nous-mêmes on sait quel comportement type adopter avec eux, il n'y a plus deux humains qui se parlent, vu leurs engagements, ils commencent par hurler, cracher, pourquoi pas se taper dessus ?

Voilà pourquoi vous m'emmerdez les partisans, parce que vous soutenez ce système dont chacun dans vos bords vous promettez la réforme, sans piger que vos opposants, qui existent car on a une structure majorité/opposition, préparent le retour dans 5 ans sans accorder la moindre valeur à la politique actuellement en construction, et j'appelle ça révolution-sablier, les politiques ont un modèle de démocratie qui leur permet de tout faire sur les classes, leur classe à eux, c'est la dominante : celles des comédiens, ceux qui sont sur la scène. Nous, on est dans des classes minables, les riches, les pauvres, les prolos, les rentiers, les partons, les esclaves, et comme si on était devant Loft Story ou le catch américain, on est appelés à soutenir notre champion qui arbore les couleurs et les apparences de nos classes, pour qu'ils aillent se fritter avec les autres, et on applaudit la guerre des classes en espérant retourner le sablier avec la nôtre...encore une fois en oubliant toute la vacuité de ces luttes quand les alternances et les "ré-formes" ne sont que des "ré-volutions" en carton. Créons un nouveau mouvement, "les Français", c'est à dire véritablement fidèle aux idéaux théoriques de ce pays, à la hauteur des hypothétiques "lumières" qui nous ont amenés ici, car nous ne leur faisons pas honneur, ni à droite ni à gauche, ni à la FI, ni au FN, non y'a pas de révolutionnaires valables tant qu'ils se servent du système qu'ils dénoncent pour accéder au pouvoir et parler d'une "force du peuple" alors qu'il faut pointer du doigt ses membres qui "font du bruit dans les bistrots" ou qui soutiennent LOGIQUEMENT leurs champions à eux qui représentent leurs propres intérêts.

Je n'ai jamais voté, je ne voterai jamais. Osez me dire que cette décision n'est pas motivée politiquement, qu'elle n'a pas de fondement et de cohérence, osez me dire qu'elle est moins républicaine que l'engagement partisan et les élections, osez me dire que moi je nuis au peuple et à la diversité pendant que vos champions et vous mêmes échaffaudez vos plans pour prendre le pouvoir en dévalorisant tous les autres qui en rêvent aussi et sont pris dans le même piège ?


Devenez citoyen français : ne votez plus, aimez d'avance votre prochain, ne cherchez plus quel est son pin's, invitez-le à lutter AVEC VOUS mais AVEC SES IDEES A LUI. Vous pourrez en inventer de nouvelles, et elles seront sans doute plus à même de prouver notre grandeur jusqu'ici vachement factice et symbolique, juste bonne à faire du spectacle.


 

jeudi 7 septembre 2017

[Preview] "One of us" le nouveau documentaire des réalisatrices de Jesus Camp


Heidi Ewing et Rachel Grady ont réalisé l'immense Jesus Camp, documentaire sorti en 2006 qui introduisait les caméras au sein d'un camp de vacances pour enfants issus de familles (trop) profondément chrétiennes et qui aux États-Unis basent toute leur approche de la vie en société, ainsi que leurs opinions politiques ou scientifiques sur un rapport étrange à Dieu. Un film-claque sorti à une époque médiatiquement focalisée sur le radicalisme islamiste et qui a donc produit un décalage puissant et sans doute instructif, comme une prise de recul.

(Film complet en vostfr sur YouTube)

Quelques années plus tard, les deux documentaristes ont réalisé "Detropia", un documentaire sur la ville de Détroit, ancienne gloire du taylorisme et de l'industrie automobile ruinée par les crises économiques américaines et notamment la fermeture de la General Motors. Passionnant, mais pas autant que leur Jesus Camp il faut l'avouer, avec une puissance relativement moindre à mon sens puisqu'il s'attaquait à une situation déjà largement médiatisée, loin d'un quelconque décalage. Il permettait néanmoins de présenter une facette cachée de la transformation lente de la ville avec sa présence d'artistes qui viennent y acheter des maisons qui perdu toute valeur pour y installer leurs ateliers et nourrir leur travail avec l'atmosphère de ces buildings abandonnés et de ces maisons cernées par les bulldozers, pesante mais symbolique d'une époque.



Les voici donc de retour sur le terrain des religions ou plus précisément des comportements radicaux parfois encouragés par les religions et leurs branches les plus dures, mais cette fois-ci, à la rencontre de Juifs Hassidiques ayant décidé de quitter cette voie particulièrement séparatiste et qui doivent donc faire face aux conséquences de ce choix. Le décalage produit par Jesus Camp est donc renouvelé car nous ne sommes pas encore sortis de l'obsession médiatique et politique de l'Islam, religion qu'on assimile de nos jours Face à la multiplication des attaques terroristes. Jesus Camp serait encore plus utile aujourd'hui qu'hier, peut-être est-ce pour cela que les documentaristes ont décidé de se replonger dans l'univers spécial des communautés orthodoxes, mais dans un contexte bien plus large et instructif que celui de l'Islam. Je suis assez impatient de regarder ce nouveau docu.

Voici donc la bande-annonce de "One of us" qui sera disponible dans le monde entier via Netflix, espérons qu'ils ne mentent pas cette fois, dès le 20 Octobre. 





vendredi 28 juillet 2017



Si les soldats se battaient nus
ils comprendraient ce qu'est l'uniforme.


dimanche 23 avril 2017

[Vulgarisation vulgaire] Onze parties du peuple sont dans un bateau.



Militons plutôt pour la fin des élections et des partis, y'a que ça qui nous fout tous sur la gueule et qui permet d'avoir un éventail de choix de l'altruisme partisan à la haine pour tous. Après on se croit obligés "d'être" quelqu'un de tel courant, qui agit et qui pense forcément vis à vis d'un truc écrit quelque part et pondu par une bande de gens qui se retrouvent dans une même chapelle. On surkiffe les documentaires sur la psychologie de groupe, quand on nous démontre que trois connards qui applaudissent une blague pourrie peuvent la faire accepter par les dix autres qui sont assis dans la pièce. On a des schémas, des textes, la philosophie, l'Histoire des Religions, la théorie des arts et des symboles. On a des milliards de tonnes de connaissances qui nous permettent de bien comprendre comment fonctionne la structuration d'un paradigme collectif, qu'il soit d'inspiration moralement bonne ou mauvaise. Pourtant, on continue avec les partis et l'injonction d'appartenance idéologique. Tout ça c'est l'organisation de notre impuissance peu importe le vainqueur des élections, le principe est malsain pour "le peuple" que tous les partis disent représenter, tout en symbolisant du même coup "une fraction" idéologique qui se revendique comme différente des autres. 


Tout ça n'a aucun sens, ça profite à la classe politique qui exploite le schéma dualiste, c'est d'une simplicité folle. Le Pen peut ne pas être raciste intérieurement, Macron pas attiré par l'argent, on s'en fout, leur rôle est d'incarner quoi qu'il arrive ces deux profils "types" car ils attireront des gens qui existent dans "le peuple", les politiques seront leurs miroirs ; ils en sont aussi du peuple, même s'ils sont des riches banquiers, des nationalistes "à la con", on leur dit "range toi avec les tiens pour que les autres qui se rangent entre eux la ferment le plus longtemps possible". Des deux côtés ça se radicalise, dans tous les partis ça se radicalise, on se pervertit soi-même pour s'empêcher d'être complexe et en compagnie des autres, d'être un humain qui est bon et mauvais à la fois, on devient FN et on est poussé à assumer une tête de con de nationaliste ahuri, on n'a même pas besoin d'étudier la question, on répète le blabla qu'on nous sert. Mais c'est pareil partout ! Les gens font genre de choisir en conscience mais leur seule riposte c'est "Toi tu n'as pas lu le programme !". La vérité n'est pas dans les programmes, même pas dans les bouquins d'Histoire, on détient la vérité parce qu'on est des êtres vivants différents et complexes, tous avec une petite pièce du puzzle, tous des hologrammes, tous liés ; sans être unis on n'est pas le moindre "peuple" juste une bande de sectes qui assument pleinement le REMPLACEMENT des églises par l'Etat comme si c'était pour ça que des gens sont morts, pour que des guerres devenues symboliques passent pour glorieuses.



Bref, je commence à peine ma vindicte d'anti-élections vu la merde que je lis partout, on appelle maintenant à l'abstention parce que pas possible de voter pour un banquier ou une facho, mais merde, ces gens sont arrivés au second tour, des gens ont voté pour et ils étaient plus nombreux que vous. POINT. L'abstention fallait y penser avant, quand ça avait du sens, là le seul sens que ça a c'est "Ouin on va pas faire la révolution, alors je refuse de voter". Bordel, peu importe de quel bord elle devait venir, la "révolution" nécessitait une majorité de votes, le bon vieux merdier de la Vè et de la République qui se fout de nos gueules de cons divisés... Ceux qui ont perdu le premier tour vivent exactement le sentiment qui aurait traversé les perdants du second tour, si eux l'avaient emporté. Manque de bol, fluctuat nec mergitur, notre pays et son Histoire sont basés sur ces révolutions-sabliers.



Putain on est tous des français, c'est ça qui est BEAU dans ce pays, on accepte tout le monde. On peut pas être de "beaux" français si on rejette des gens, qu'ils soient électeurs de FN ou de EM. Faut construire AVEC eux, mais SANS les élections, faut construire tous ensemble mais sans partis, faut pas qu'on se colle des étiquettes qui se superposent à nos gueules dans le regard des gens qui en ont choisi d'autres. C'est la guerre de religion parodique sans déconner. Des "visions" proposées et à départager, c'est du spectacle. Une République "une et indivisible" se compose d'individus aux points de vue variés, quelle image fidèle, quelle "représentation" de son peuple donne-t'elle si une seule de ses factions en a les commandes à tour de rôle ? Des fractions de peuple se trouvent un miroir déformant, un candidat pour les représenter, pendant que la République, miroir qui devait nous contenir tous, passe de mains en mains afin de présenter une image différente tous les cinq ans. 



C'est indivisible la République ?
Bah c'est quoi ce bordel ?





C'est le peuple de 66 millions de gens qui s'est prononcé avec 8 millions de bulletins ?
Parce qu'apparemment y'a un autre peuple de 7,5 millions qui a voulu autre chose.

Remarque, ça ne fait que 50 millions de gens qui n'ont choisi ni l'un ni l'autre de ces "destins" pour la "France".






Ca va ?
Je suis sans doute loin d'en avoir fini avec la colère et la vulgarité. 








Vidéo plutôt cool de Jordanix.